Contexte général de notre activité
Faire face aux défis à venir : garder l’esprit critique ! Penser un nouveau lycée
La réforme dite « Blanquer » qui affecte depuis 8 ans maintenant le fonctionnement du Lycée n'en finit plus de montrer ses incohérences et ses insuffisances. Lors de l'AG de juin 2025, nous avions décidé de ne pas céder au découragement et de nous donner les moyens de penser l'avenir du Lycée et l'avenir des SES. Encore cette année, c'est donc la volonté de faire vivre les débats sur le système éducatif qui nous a animés en mobilisant l'ensemble des acteurices du système : chercheur.es et universitaires spécialistes du système éducatif, associations disciplinaires, organisations syndicales. Notre colloque de mars dernier donne à voir les fondements de nos orientations : « penser un lycée qui ne soit pas réduit à une logique de tri, de sélection ou d'orientation précoce, ni à une simple propédeutique à l'enseignement supérieur » et défendre « l'idée d'un lycée reposant sur la complémentarité des disciplines, sans hiérarchisation des parcours, et visant le développement de l'esprit critique de tous les élèves ». Si nous avons pu mettre en avant que des choix alternatifs existent au sein même de l'Europe et la nécessité de repenser les structures même des parcours des lycéen·nes en France, force est de constater que nous manquons cruellement d'espace dans lequel le débat sur le lycée puisse exister. Comme pour la réflexion sur nos programmes, nous devons lutter pied à pied pour être reconnus comme des interlocuteurices légitimes, comme des expert.es à consulter.
Défendre un système de formation cohérent dans le brouhaha de la réforme du recrutement des enseignant·es
Former des lycéen-es éclairé·es c'est défendre un enseignement des sciences économiques et sociales qui puisse continuer à jouer un rôle fondamental dans la compréhension du monde social. Ce ne sera possible qu'avec une formation des enseignant.es de qualité. La réforme du recrutement a donné lieu à une bataille à la limite de l'absurde sur le référentiel de compétences qui interdisait la formation des futur-es enseignant-es aux débats théoriques ! Un combat partiellement gagné, qui révèle aussi les menaces qui pèsent sur les sciences sociales. L'objectif de l'APSES toute l'année a donc été de resserrer les liens avec les responsables de formation en Master MEEF, les associations disciplinaires et sociétés savantes proches des SES mais aussi tenter d'informer à travers des communiqués de presse et une tribune et mobiliser les parlementaires. Dans l'attente des résultats des concours et de l'organisation réelle de la carte des formations pour les étudiant-es en M2E nous dénonçons les fortes incertitudes qui subsistent, notamment pour les formateurices qui participent à la stabilité et à la qualité de la formation des enseignant-es et à la vitalité de notre culture professionnelle spécifique.
Une association vivante au service des Sciences sociales
Encore cette année, les évènements organisés par l'APSES, au niveau régional et national, montrent la force des sciences sociales pour comprendre un monde en pleine transformation. Les débats organisés autour de films, les rencontres avec des chercheur-es, les stages régionaux ont permis d'aborder des questions aussi variées que la montée de l'extrême droite, les inégalités sous toutes leurs formes, les transformations du travail, les enjeux du développement de l'IA ou notre rapport aux biens communs. Preuve s'il en est que le croisement des regards disciplinaires est d'une fécondité extraordinaire pour comprendre nos sociétés et leur devenir, et doit rester au cœur de nos revendications en matière d'évolution des programmes pour garantir, encore et toujours, la formation scientifique et citoyenne de nos élèves.