Première : Marché : duopole Airbus Boeing
Par Jean-Pierre Delas : jeanpierre.delas@gmail.com
Après notre discussion sur ce point, la situation a radicalement changé, mais surtout pour Airbus car Boeing était déjà plongé dans la crise la plus grave de son histoire.
En gros, ils avaient 10 ans de commandes d'avance et pour principal problème celui d'augmenter la production pour réduire les délais de livraison, ce qui n'est pas si simple dans une industrie complexe avec de nombreux sous-traitants tous au bord de la rupture.
Depuis mars, ils sont tombés à 35% de leur production antérieure, et ils doivent organiser la réduction des capacités sans trop licencier pour conserver le savoir-faire.
A mon avis, cela a 2 conséquences contradictoires sur le duopole :
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Les 2 constructeurs sont en crise gravissime au lieu d'un seul, ce qui d'une certaine façon rétablit l'équilibre, d'autant que Boeing dispose d'un énorme marché militaire garanti par les commandes du Pentagone, ce qui est loin d'être le cas d'Airbus.
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Boeing est toujours coincé avec le Max : lancer un nouvel avion coûterait 15 milliards et 10 ans sans perspective crédible d'écraser Airbus, sauf s'il pouvait proposer une rupture technologique majeure que personne ne voit venir à court terme (avion électrique ou à hydrogène).
La baisse de la production donne de la marge à Airbus pour récupérer les clients de Boeing effrayés par les problèmes du Max et son image catastrophique : tant qu'Airbus ne pouvait augmenter sa production, les clients étaient obligés de se contenter d'un mauvais avion avec une mauvaise image, maintenant ils peuvent changer de fournisseur.
La longue période de dépression du marché provoquée par le Corona pousse donc au contraire à une rupture de l'équilibre en faveur d'Airbus.